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Mozaïk
Printemps 2002 / n°01 (réalisation TMP)
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Bricoman, Leroy-Merlin Brésil
Et voici la prime de progrès
Depuis juin 2002, la politique du partage s’est déployée au sein des magasins Bricoman et Leroy-Merlin Brésil. Leurs collaborateurs ont désormais la possibilité de recevoir la prime de progrès.
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Déjà en place en France, en Pologne, en Italie, en Espagne et
en Belgique, la prime de progrès vient d’être adoptée en
juin par l’enseigne Bricoman (lire encadré) et par Leroy-Merlin au Brésil.
Pour les équipes et l'entreprise, la prime de progrès vient clairement
consacrer leur maturité sur le marché concerné. Et symbolise
le franchissement d’un nouveau cap : stabilité des résultats économiques,
adhésion des équipes aux valeurs de l’entreprise. « Cette
prime a vraiment un sens, que nous avons souhaité mettre en valeur à
travers l’intitulé et le contenu de sa convention de lancement »,
explique Jean Duclos, DRH de Leroy-Merlin Brésil. Nommée «
Convention du partage », cette réunion, qui a rassemblé
170 personnes — chefs de secteur, chefs de produit, directeurs de magasins,
membres des commissions “prime de progrès“ — , s’est déroulée
autour de quatre temps forts sur les thèmes suivants : Partage du savoir,
Partage du pouvoir, Partage de l’avoir et Animation de la prime. Ce dernier
thème a donné lieu à un jeu de rôle, à titre
d’illustration, où chaque représentant de magasin faisait ses
propres commentaires sur la manière d’animer la prime. « En ce
qui concerne le partage du pouvoir, par ailleurs, certains collaborateurs ont
fait part d’expériences réussies en magasin en la matière
», explique Jean Duclos, avant de préciser que cette réunion
était également la toute première convention de Leroy-Merlin
Brésil.
Une longue préparation
Ce lancement de la prime de progrès au Brésil
est venu conclure une première et longue étape de préparation.
Il a fallu tout d’abord examiner les conditions sociales, juridiques et fiscales
dans lesquelles sa mise en place était susceptible d’intervenir. Principal
élément du cadre légal : une loi fédérale
impose qu’au niveau de l’entité concernée (en l’occurrence chacun
des huit magasins brésiliens) un tel accord doit être signé
par la commission élue qui représente les salariés, mais
aussi par un représentant de l'employeur et par le syndicat. «
Début 2002, nous avons demandé à chaque directeur de magasin
de mettre en place une “commission de progrès“ comprenant lui-même,
le contrôleur de gestion du magasin, un chef de secteur et trois membres
hors comité de direction élus par le personnel », souligne
Jean Duclos. Appuyée par une formation des membres des commissions sur
leur mission et le contenu de la prime (lire ci-contre), cette démarche
a été complétée par la mise en œuvre d’un projet
participatif, qui a eu pour but de fédérer les différentes
sensibilités existant au sein de ce grand pays. Trois groupes — chacun
composé d’un directeur de magasin et de membres des commissions “prime
de progrès“ — ont respectivement travaillé sur l’animation de
la prime (comment la faire vivre au sein des équipes brésiliennes),
la formation des collaborateurs et la convention de lancement. De son côté,
un quatrième groupe de travail s’est penché sur l’élaboration
du cadre administratif de la prime. Il fallait en effet que celle-ci s’adapte
au dispositif législatif du pays. « Une loi stipule, en particulier,
que cette rémunération ne peut être versée que deux
fois par an, précise Jean Duclos. Son calcul est toutefois trimestriel
et pour compenser le fait de bloquer l’argent sur trois mois, il sera fructifié.
»
Bien reçu par les collaborateurs de Leroy-Merlin Brésil, le lancement
de la prime de progrès s’est accompagné de la création
d’une mascotte : Tijolinho, qui signifie petite brique en portugais. Une bonne
façon d’illustrer la notion de construction collective.
Didier Le Gorrec
Encadré :
La formation au cœur de la démarche
Au premier semestre 2002, l'équipe de formation a pris son bâton de pèlerin pour assurer la formation des commissions de progrès à la mise en place de la prime. En une journée, il s’agissait de les former sur le contenu même de la prime et sur les responsabilités des membres de la commission : mission, étapes à venir, etc. « L’occasion, aussi, de procéder à des échanges qui ont nourri directement le projet, notamment sur sa faisabilité administrative, et de tester le contenu de la formation », note Jean Duclos. Après l’élaboration d’une brochure destinée à expliquer la prime — chaque collaborateur l’a reçue, de même qu’une petite calculette reproduisant la mascotte Tijolinho — , la formation s’est démultipliée puisque les commissions ont à leur tour assuré la formation des salariés sur ce sujet en magasin, en juin et juillet 2002. Il s’est agi, en l’occurrence, d’une formation de quatre heures présentant la philosophie du partage et le fonctionnement de la prime, avec évocation de cas pratiques. À l’occasion du lancement de ce nouveau type de rémunération, enfin, Leroy-Merlin Brésil a conçu son premier journal interne : Construir. Le lien avec la « petite brique » est clairement établi.
Encadré
Chez Bricoman, première pierre du « partage de l’avoir »
Signé le 28 mai 2002 entre la direction et le comité d’entreprise, à l’unanimité de ses membres, l’accord sur la prime de progrès chez Bricoman a fait suite à plusieurs réunions d’explications sur sa technique et surtout sur son sens. « Avec la mise en place de cette prime, Bricoman est à un moment fort dans sa jeune histoire, explique son DRH, Pascal Lafon. Le concept Bricoman est validé et correspond à un marché important en constante progression. De même, l’activité des magasins augmente et les équipes sont motivées, réactives. C’est le moment pour donner une impulsion supplémentaire et poser la première pierre de la politique de “partage de l’avoir“ ». Le lancement de la prime chez Bricoman a eu lieu le 12 juin dans les magasins et services centraux. Tout avait préparé : affiches, plaquette de présentation et, surtout, vidéo de 40 minutes au sein de laquelle le comité de direction au grand complet a présenté la prime. Tournée sous la forme d’une émission de télévision avec un public composé de collaborateurs des magasins et des services centraux, cette vidéo comprenait également des interviews de clients et de salariés. « Ces différentes interventions mettaient en avant l’importance de ce lancement pour l’entreprise, ainsi que les différents leviers sur lesquels nous pouvons agir pour accélérer notre croissance et partager le progrès », souligne Pascal Lafon. Tous les magasins ont diffusé cette vidéo simultanément le 12 juin. Et dès le 17 juin, des formations ont été organisées en magasin : modules de deux heures par petits groupes de six à huit personnes.